FAQ

1. QUESTIONS GENERALES :

1.1 Q'est-ce que le transhumanisme ?

Le transhumanisme est une façon de penser le futur basée sur la conviction que l’espèce humaine dans sa forme actuelle ne représente pas la fin de notre développement mais est au contraire une phase intermédiaire, résultat actuel d’une évolution passée. Nous définissons le transhumanisme de cette façon :
(1) C’est le mouvement intellectuel et culturel qui affirme la possibilité et la désirabilité d’augmenter fondamentalement la condition humaine à travers l’application de la raison, spécialement en développant et en rendant largement disponibles les technologies pour éliminer l’âge et augmenter grandement les capacités intellectuelles, physiques et psychologiques de l’être humain.
(2) C’est l’Etude des ramifications, des promesses et des dangers potentiels des technologies, ainsi que les études associées sur les problèmes éthiques impliqués dans le développement et l’usage de telles technologies qui nous rendront capable de passer outre nos limitations humaines
Le transhumanisme peut être appréhendé comme une extension de l’humanisme, dont il est en partie originaire. Les humanistes croient en l’importance de l’être humain ainsi qu’en celle de l’individu. Nous ne pouvons pas être parfaits, mais nous pouvons améliorer les choses en privilégiant la pensée rationnelle, la liberté, la tolérance, la démocratie, et l’intérêt pour nos semblables. Les transhumanistes reprennent tout cela mais insistent sur ce que nous avons le potentiel de devenir. De la même façon que nous usons de moyens rationnels pour améliorer la condition humaine et le monde extérieur, nous pouvons également utiliser de tels moyens pour nous améliorer notre organisme. Ainsi nous ne sommes pas limités par les méthodes traditionnelles, telles que l’éducation et le développement culturel. Nous pouvons également utiliser des moyens technologiques qui nous permettrons d’aller au-delà de ce que certain pensent comme « humain ». Ce n’est pas notre forme humaine ou les détails de notre biologie actuelle qui définissent ce qui compte pour nous, mais plutôt nos aspirations et nos idéaux, nos expériences, et le type de vie que nous recherchons. Pour un Transhumaniste, le progrès intervient quand plus de gens deviennent capables de « s’auto-façonner », de façonner leurs vies, et leurs relations avec les autres, en accord avec leurs plus profondes valeurs. Les Transhumanistes accordent une grande importance à l’autonomie, la possibilité et le droit des individus de prévoir et de choisir leurs propres vies ; pour autant certains individus peuvent, bien entendu, et pour de nombreuses raisons, choisir de ne pas saisir l’opportunité d’user la technologie pour s’améliorer. Les Transhumanistes cherchent à créer un monde dans lequel des individus autonomes peuvent choisir de s’améliorer ou non, un monde dans lequel ces choix seraient respectés. En raison de l’accélération du développement technologique et de la science, nous entrons dans une toute nouvelle phase de l’histoire de l’espèce humaine. Dans un futur relativement proche, nous devrions faire face à la perspective d’une réelle intelligence artificielle. De nouveaux outils cognitifs vont être construits qui combinent l’intelligence artificielle avec une technologie d’interface. La nanotechnologie moléculaire à le potentiel de créer des ressources abondantes pour tous et de nous donner le contrôle sur les processus biochimiques de notre corps, nous permettant d’éliminer la maladie et le vieillissement non voulu. Les technologies telles qu’une interface cerveau-ordinateur et la neuropharmacologie permettront d’accroître l’intelligence humaine, d’augmenter le bien être émotionnel, d’améliorer notre capacité à s’engager dans des projets d’une vie ou pour l’être cher, et même multiplier l’éventail et la richesse des émotions possibles. Ceci dit, les Transhumanistes reconnaissent que certaines de ces technologies à venir peuvent potentiellement causer de grands maux à la vie humaine ; la survie même de notre espèce pourrait être en jeu. Chercher à comprendre les dangers et travailler à prévenir les désastres est une part essentielle de l’agenda Transhumaniste. De nos jours, le Transhumanisme devient plus populaire, un nombre croissant de scientifiques, de philosophes et de sociologues commencent à prendre au sérieux l’éventail de possibilités que le Transhumanisme englobe. Une famille s’étendant rapidement de groupes Transhumanistes, avec leurs différences, et une pléthore de groupes de discussion dans de nombreux pays autour du monde, sont rassemblés dans la « World Transhumanist Association », une organisation démocratique à but non lucratif.

1.2 Qu’est ce qu’un Post-humain ?

Il est parfois utile de parler de possibles êtres futurs dont les capacités de base excèdent tellement celles des humains actuels qu’ils ne sont plus humains selon nos standards actuels. Le terme habituel pour décrire de tels êtres est « post-humain » (Il est important d’éviter de mal interpréter. Le terme « Post-humain » n’annonce pas tout ce qui arrive après l’ère humaine, et n’a non plus rien à voir avec le terme posthume. De plus, cela n’implique pas qu’il n’y ait plus d’humains.) De nombreux Transhumanistes désirent suivre des voies qui nécessiteront, tôt ou tard, une évolution vers la post-humanité : ils se languissent d’atteindre des hauteurs intellectuelles plus élevées que le génie humain dans un rapport analogue à celui des humains par rapport aux autres primates ; être résistant à la maladie et imperméable à l’âge ; avoir une jeunesse et vigueur éternelle ; exercer un contrôle sur ses propres désirs, ses humeurs et ses états mentaux ; être capable d’éviter des sentiments de fatigue, de haine, ou d’énervement pour des choses insignifiantes ; avoir une capacité accrue pour le plaisir, l’amour, l’appréciation de l’art, et la sérénité ; expérimenter de nouveaux états de conscience que les cerveaux humains actuels ne peuvent atteindre. Il semble probable que le simple fait de vivre une vie indéfiniment longue, saine et active amènera tout le monde à la post-humanité si ils ont accumulés de la mémoire, des compétences, et de l’intelligence. Les Post-humains pourront être de complètes intelligences artificielles, ou bien des téléchargements améliorés (Voir «2.6 Qu’est ce que l’uploading ? »), ou encore le résultat d’améliorations bien plus petites mais cumulativement importantes de l’humain biologique. La dernière alternative nécessitera probablement la révision complète de la conception de l’organisme humain en utilisant des nanotechnologies avancées ou ses améliorations radicales en utilisant certaines combinaisons de technologies telles que le génie génétique, la psychopharmacologie, les thérapies anti-âges, les interfaces neurales, des outils de gestion de l’information, des molécules d’amélioration de la mémoire, des ordinateurs portables comme des vêtements, et des techniques cognitives. Certains auteurs écrivent comme si, simplement en changeant nos propres concepts, nous devenons ou pourrions devenir Post-Humain. C’est une confusion ou une aliénation du sens original du terme. Les changements requis pour faire de nous des Post-humains sont trop profonds pour être accomplis en altérant simplement quelques aspects de théorie psychologique ou la façon dont nous nous pensons. Les modifications technologiques radicales de nos cerveaux et de nos corps sont nécessaires. Il est difficile d’imaginer ce que ce serait un Post-Humain. Les Post-Humains auront sûrement certaines expériences et certains soucis que nous ne pouvons appréhender, des pensées qui ne peuvent tenir dans notre Kilo et demi de tissu neural que nous utilisons pour penser. Les Post-Humains pourraient se façonner eux-mêmes et leur environnement de façons si nouvelles et si profondes que les spéculations sur les caractéristiques détaillés sur les Post-Humains et sur le monde Post-Humains seront probablement fausses.

1.3 Qu’est ce qu’un Transhumain ?

Dans son usage contemporain, le terme “Transhumain” fait référence à un état intermédiaire entre l’humain et le Post-humain [Voir 1.2 « Qu’est ce qu’un Post-humain ? »]. On pourrait se demander, étant donné que notre usage actuel de la médecine et des technologies de l’information nous font faire couramment de nombreuses choses qui stupéfieraient les humains vivant dans les époques reculées, si nous ne sommes pas déjà des Transhumains ? La question est provocatrice mais n’a pas beaucoup d’intérêt étant donné que le concept de Transhumain est trop vague pour donner une réponse définitive. C’est une erreur fréquente pour les journalistes et autres écrivains de dire que les Transhumanistes « prétendent être des Transhumains » ou « se qualifient eux-mêmes de Transhumain ». Or un Transhumaniste est simplement quelqu’un qui supporte le Transhumanisme [Voir 1.1 « Qu’est ce que le Transhumanisme ? »]. Adopter une philosophie selon laquelle un jour chacun pourra avoir la chance d’évoluer au-delà des limites humaines actuelles n’est clairement pas prétendre que l’un est meilleur ou que quelqu’un est actuellement « plus avancé » qu’un autre être humain. L’étymologie du terme « Transhumain » vient du Futurologue FM-2030 (Connu également comme FM Estfandiary), qui l’a proposé comme diminutif pour « Humain de Transition ». Appelant Transhumain « la première manifestation de nouvelles évolutions de l’être humain ». FM considérait qu’être Transhumain nécessitait d’avoir des valeurs et des principes « alternatifs ». Mais nous considérons qu’il est tout à fait possible d’être un Transhumain - ou pour ce que cela importe, un Transhumaniste – et toujours croire ou adopter les valeurs et les principes les plus traditionnels. References: FM-2030. Are You a Transhuman? (New York: Warner Books, 1989).

2. Technologies et prévisions

2.1 Biotechnologies, génie génétique, cellules souches, et clonage

Quelles sont-elles, et que font-elles ? La biotechnologie est la mise en pratique de techniques et de méthodes basées sur les sciences de la vie. Cela inclut de nombreux aspects tels que le brassage et la création d’insuline humaine, d’interféron, et d’hormones de croissance humaines, les diagnostics médicaux, le clonage thérapeutique et le clonage reproductif, les OGM, la bio-Transformation de déchets organiques et l’utilisation de bactéries altérées génétiquement pour nettoyer les marées noires, les recherches sur les cellules souches et tant d’autres. Le génie génétique est l’aspect des biotechnologies qui traitent de la modification directe du matériel génétique. Les biotechnologies ont déjà de très nombreuses applications dans l’industrie, l’agriculture, et la médecine ; c’est un domaine ou de nombreuses recherches sont menées. L’achèvement du « Human Genome Project » - une ébauche du génome humain publiée en 2000 – a été une étape scientifique majeure de l’avis de chacun. La recherche s’oriente maintenant vers le décodage des fonctions et des interactions des différents gènes et vers le développement d’applications basées sur ces informations. Les bénéfices médicaux potentiels sont trop nombreux pour être listés, les chercheurs travaillent sur les maladies les plus fréquentes, avec des degrés variés de succès. Des progrès ont lieu non seulement dans le développement de médicaments et dans le diagnostic mais également dans la création de meilleurs outils et de méthodes de recherche, qui à leur tout accélèrerons le progrès. Quand on envisage les développements probables sur le long terme, de grandes améliorations dans le processus de la recherche en lui-même doivent être prises en compte. Le « Human Genome Project » a été achevé plus tôt que prévu, en grande partie en raison du fait que les prévisions initiales sous-estimaient le degré d’amélioration de la technologie des instruments utilisés par les chercheurs pendant la durée du projet. D’un autre côté nous devons faire attention à ne pas annoncer trop tôt la prochaine avancée prévue (Rappelons nous la percée sur la Cure contre le cancer dont nous n’avons plus jamais entendu parler). De plus, même quand la découverte désirée est effectuée, cela prend en général 10 ans pour passer de la preuve du concept à la commercialisation, bien que les temps de mise en application s’améliorent eux aussi. Les thérapies géniques sont de deux types : somatiques et sur les cellules germinales. Dans la thérapie génique somatique, un virus est utilisé comme un vecteur pour insérer du matériel génétique dans les cellules du corps du bénéficiaire. Les effets d’une telle opération ne se transfèrent pas à la génération suivante. La thérapie génique sur les cellules germinales est effectuée sur les ovaires ou sur les spermatozoïdes, ou encore sur le premier stade du Zygote, elle peut être transmissible aux autres générations (Les tests d’embryons préimplantatoires dans lequel il est vérifié si les embryons contiennent des maladies génétiques ou d’autres anomalies pour être implantés ensuite de manière sélective peuvent être vus comme une sorte d’intervention sur les cellules germinales). Si la thérapie génique humaine, excepté pour certaines formes de test sur les embryons, en est toujours au stade expérimental, cette technique permet néanmoins d’entretenir de nombreux espoirs pour la prévention et le traitement de nombreuses maladies, ainsi que pour une utilisation en médecine d’amélioration. Le champ potentiel de la médecine génétique est vaste : Virtuellement toutes les maladies et les caractéristiques humaines – l’intelligence, l’extroversion, la conscience (Me demande s’ils ne voulaient pas dire contentiousness => L’agressivité), l’apparence physique, etc – impliquent des prédispositions génétiques. Des maladies découlant d’un seul gène, telles que la mucoviscidose, l’anémie à hématies falciformes, et la maladie de Huntington seront probablement parmi les premières cibles pour une intervention génétique. Les traits et les anomalies reposant sur plusieurs gènes, devraient suivre (Bien qu’ils puissent parfois être modifiés en mieux en agissant sur un seul gène). La recherche sur les cellules souches offre de grands espoirs pour la médecine régénératrice. Les cellules souches sont des cellules indifférenciées (Non spécialisées) qui peuvent se différencier en une cellule spécialisée avec une fonction spécifique dans le corps. En multipliant de telles cellules (Dans une culture à l’extérieur du corps) ou en dirigeants leur activité dans le corps, il devrait être possible d’accroître le remplacement des tissus pour le traitement des maladies dégénératives, notamment les maladies du cœur, la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer, les diabètes, et beaucoup d’autres. Il devrait également être possible de créer entièrement de nouveaux organes à partie de cellules souches pour les utiliser lors de transplantations. Les cellules souches embryonnaires semblent être spécialement polyvalentes et utiles, mais la recherche porte également sur les cellules souches d’adulte et la reprogrammation de cellules ordinaires afin de les faire se transformer en cellules souches (Ndlt : Actuellement le but est atteint en utilisant des cellules de la peau ce qui permet d’éviter d’utiliser des cellules souches provenant d’embryons). Le terme « clonage » recouvre tant le clonage thérapeutique que le clonage reproductif. Dans le clonage thérapeutique, un embryon non encore implanté (Connu sous le nom de « Blastocyste » - une boule creuse de 30 à 150 cellules indifférenciées) est crée via le clonage, à partir duquel des cellules souches embryonnaires peuvent être extraites et utilisées pour la thérapie. Etant donné que ces cellules souches clonées sont génétiquement identiques au patient, les tissues ou les organes qu’elles produiront pourront être implantés sans déclencher de réponse immunitaire du patient, permettant ainsi de vaincre un obstacle majeur dans la médecine transplantatoire. Le clonage reproductif signifie la naissance d’un enfant qui est génétiquement identique au parent cloné : De fait, un jumeau plus jeune. Si chacun reconnaît les bénéfices pour les patients qui souffrent et leurs familles qu’apporte la guérison de certaines maladies spécifiques, les Transhumanistes mettent l’accent sur le fait que, afin de prolonger radicalement la durée de vie « saine », nous avons également besoin de développer des moyens pour ralentir le vieillissement ou pour remplacement les cellules ou les tissus sénescents. La thérapie génique, la recherche sur les cellules souches, le clonage thérapeutique, et d’autres aspects de la médecine qui ont le potentiel de permettre ces avancées méritent la priorité dans l’allocation des ressources. La biotechnologie peut être vue comme un cas spécial des capacités plus générales que les nanotechnologies permettront. [Voir « 2.2 Qu’est ce la nanotechnologie moléculaire »]

2.2 Qu’est-ce que la nanotechnologie moléculaire ?

La Nanotechnologie moléculaire est une technologie très attendue de fabrication qui permettra de construire des structures tridimensionnelles complexes avec des spécifications au niveau de l’atome en usant des réactions chimiques dirigées par un fonctionnement non biologique. Dans la construction des molécules, chaque atome ira à une place sélectionnée, liée avec les autres atomes d’une façon précisément définie. La Nanotechnologie va nous entièrement les commandes de la structure de la matière. Etant donné que tout autour de nous et à l’intérieur de nous est composé d’atomes et que les caractéristiques de la matière provient du placement de ces atomes, la capacité à contrôler la structure de la matière au niveau de l’atome permettra de nombreuses applications. Comme Eric Drexler l’a écrit dans « Engines Of Creation » (Publié en 1986) : Le charbon et les diamants, le sable et les puces des ordinateurs, le cancer et les tissus sains : Tout au long de l’histoire, les variations dans la disposition des atomes ont distingués ce qui était bon marché de ce qui était cher, le malade du sain. Organisé d’une façon, les atomes font le sol, l’air, l’eau ; arrangé d’une autre façon ils font des fraises. Structurés d’une façon ils font des maisons et de l’air pur, de l’autre ils font des cendres et de la fumée. La nanotechnologie, en rendant possible la réorganisation des atomes nous permettra de transformer le charbon en diamant, le sable en superordinateur, et de supprimer la pollution de l’air et les tumeurs des tissus sains. Le concept de l’assembleur est central dans la vision de Dexter des Nanotechnologies. Un assembleur se définit comme un appareil de construction moléculaire, équipé d’un ou de plusieurs bras robotiques sous-microscopiques contrôlés par ordinateur. Les bras seraient capables de contenir et de positionner des mélanges réactifs ainsi que de contrôler précisément le lieu ou la réaction chimique aurait lieu. Les bras de l’assembleur pourraient saisir une molécule (pas nécessairement un atome isolé) et l’ajouter à un structure, construisant pas à pas un objet avec une précision de l’ordre de l’atome. Un assembleur avancé serait capable de créer presque toute structure chimique stable, en particulier, il pourrait s’auto-répliquer. Etant donné ce pouvoir d’auto-réplication, les assembleurs seront simples à produire en grande quantité. Il y a un parallèle biologique à l’assembleur, le ribosome ; ce sont d’infimes machines de construction (quelques milliers de nanomètres cube) situées dans nos cellules et qui construisent toutes les protéines utilisées par tout ce qui vie sur terre. Les ribosomes agissent en assemblant des acides aminés, un par un, dans des séquences précisément déterminées qui donnent à la fin des protéines. Le modèle qui spécifie l’ordre des acides aminés et donc indirectement la forme finale de la protéine est appelée « ARN messager ». L’ARN messager est à son tour déterminé par l’ADN qui peut être vu (bien que cela soit simplificateur) comme un enregistrement pour la synthèse de protéines. Les nanotechnologies généraliseront les capacités des ribosomes, permettant de créer toute structure chimique stable, notamment des dispositifs et des matériaux qui n’existent pas dans la nature. La nanotechnologie une fois arrivée à son stade mature transformera les problèmes de fabrication en une question de logiciel. Pour construire quelquechose, tout ce dont vous aurez besoin sera un plan détaillé de l’objet et une séquence d’instructions pour sa construction. Les matières premières rares et chères sont souvent non nécessaire ; les atomes requis pour la construction de la majorité des matériaux nanotechnologiques existent en abondance dans la nature. En travaillant en groupes importants, les assembleurs et des nano-machines plus spécialisées permettront de construire rapidement de plus larges objets. En conséquence, bien que les nanomachines ont les caractéristiques d’un objet nanométrique, leur production pourront être aussi grandes qu’un véhicule spatial ou même, dans un futur distant, de la taille des planètes. En raison de la capacité des assembleurs à s’auto-répliquer, leurs produits auront des coûts de production marginaux. En s’assurant que chaque atome est à sa place, les assembleurs produiront des marchandises d’une haute qualité et d’une haute fiabilité. Les molécules en surplus seront éliminés par ce contrôle, rendant le processus industriel extrêmement propre. La rapidité avec la laquelle le design et les listes d’instructions pour construire des objets utiles peuvent être développés détermine la rapidité du progrès après la création du premier assembleur parfait. Des logiciels puissant pour la modélisation des molécules et le design accélèreront le développement, peut être mêmes seront-ils assistés par des AI spécialisées. Un autre outil pourra se révéler très utile dès les premiers temps, c’est le désassembleur, un outil qui peut désassembler un objet en créant une carte tridimensionnelle de sa configuration moléculaire. Travaillant de concert avec l’assembleur, cela fonctionnerait comme l’une des nouvelles machines 3D, créant d’exactes répliques de tous les objets solides. La nanotechnologie moléculaire permettrait de construire des pièces de machine de toute taille en diamant parfait, des machines entrant dans les cellules pour réparer les dommages, des appareils de recyclage. La question principale sera donc de produire le premier assembleur, il y a plusieurs pistes prometteuses. L’une est d’améliorer la technologie actuelle de sondes de proximité ; actuellement nous pouvons trainer un atome sur une surface (2 Physiciens du laboratoire IBM Almaden en Californie l’ont illustré dès 1989 en disposant 35 atomes de Xenon pour construire le nom de la marque I-B-M, créant le plus petit logo du monde.) Les prochaines sondes de proximité auront plus de liberté et la capacité de prendre et de déposer des mélanges réactifs de façon contrôlée. Une autre piste est la chimie synthétique. Des assemblages chimiques conçu de façon appropriée devrait permettre de s’auto assembler en des pièces de machine. L’assemblage final de ces pièces pourra être fait avec une sonde de proximité. Une autre possibilité vient de la biochimie. Il devrait être possible d’utiliser les ribosomes pour faire des assembleurs avec des capacités plus génériques. De nombreuses biomolécules ont des propriétés qui vont être explorées dans les premières phases des nanotechnologies. Par exemple, des structures intéressantes telles que les branchages, les boucles et les cubes ont été reproduites par l’ADN. L’ADN peut également servir de marqueur sur d’autres molécules, leur permettant de se lier uniquement avec les mélanges désignés affichant un marqueur complémentaire, permettant un degré de contrôle sur ce que les complexes moléculaires formeront dans une solution. Une combinaison de ces approches sera également possible, le fait qu’il y ait plusieurs possibilités prometteuse accroissent la probabilité que le but soit atteint. Ces assembleurs sont cohérents avec les lois de la Chimie comme démontré par Drexler dans son manuel Technique « Nanosystems » en 1992. Cet ouvrage a également posé des frontières sur les aptitudes des nanotechnologies. Les applications médicales des nanotechnologies ont été explorées pour la première fois en détail par Robert A. Freitas Jr. dans son livre monumenbtal « Nanomedicine » dont le premier volume est paru en 1999. De nos jours, les nanotechnologies est un sujet de recherche très important ; aux USA le gouvernement à dépensé plus de 600 millions de dollars dans son initiative nationale sur les nanotechnologies de 2002. Les autres pays ont des programmes similaires, et l’investissement privé est important. Toutefois, seule une petite part des crédits vont à des projets ayant un lien direct avec le développement de nanotechnologies basée sur les assembleurs ; la plupart des crédits allant à des projets ayant des objectifs à court terme. Bien qu’il semble établit que la nanotechnologie moléculaire est possible, il est difficile de déterminer le temps nécessaire pour la développer. Une estimation commune parmi les spécialistes fixe pour 2018 la construction du premier assembleur, à quelques années près, mais il faut noter que de nombreuses opinions fixent une date plus lointaine. En raison de l’immensité du champ des nanotechnologies, il est impératif de se pencher avec sérieux sur le sujet dès maintenant, en effet si les nanotechnologies étaient utilisées à mauvais escient les conséquences pourraient être dévastatrices. La société doit se préparer à la découverte de l’assembleur et doit établir des plans pour minimiser les risques associés [Voir « 3.3 Ces technologies ne sont elles pas trop risquées ? Ne vont-elles pas causer notre extinction ? »]. Plusieurs organisations travaillent à preparer le monde aux nanotechnologies, la plus ancienne et la plus importante est le “Foresight Institute”. References: Drexler, E. The Engines of Creation: The Coming Era of Nanotechnology. (New York: Anchor Books, 1986). http://www.foresight.org/EOC/index.html Drexler, E. Nanosystems: Molecular Machinery, Manufacturing, and Computation. (New York: John Wiley & Sons, Inc., 1992). Freitas, Jr., R. A. Nanomedicine, Volume I: Basic Capabilities. (Georgetown, Texas: Landes Bioscience, 1999). Foresight Institute. http://www.foresight.org

2.3 Qu’est ce que la Singularité ?

Certains penseurs conjecturent qu’il y aura un point dans le futur ou le taux de développement technologique deviendra si rapide que la courbe de progrès deviendra presque vertical. En très peu de temps (mois, jours ou même quelques heures), le monde pourrait être transformé jusqu'à devenir non reconnaissable. Ce point hypothétique est appelé la singularité. La cause la plus probable d’une singularité sera la création d’une forme d’intelligence supérieure à l’être humaine et s’améliorant rapidement. Le concept de singularité est souvent associé à Vernor Vinge, qui considère que c’est un des scénarios le plus probable pour le futur (La même idée, exposée plus tôt, peut être trouvée chez John Von Neumann, paraphrasé par Ulam en 1958 et I.J. Good en 1965). Sous réserve que nous nous débrouillons pour éviter la destruction de la civilisation, Vinge pense que la singularité se produira probablement comme une conséquence des avancées de l’intelligence artificielle, de larges systèmes d’ordinateurs en réseau, d’intégration humain-machine, ou d’autre forme d’amplification de l’intelligence. L’accroissement de l’intelligence, dans ce scénario, arrivée à un certain point, mènera à une boucle en retour positive : des systèmes plus intelligents peuvent créer des systèmes encore plus intelligents et peuvent le faire plus rapidement que les designers humains. Cet boucle positive pourrait être assez puissante pour conduire à une explosion de l’intelligence qui pourrait mener en peu de temps à l’émergence d’un system super intelligent. L’hypothèse de la singularité est parfois combinée avec l’affirmation qu’il est impossible pour nous de prévoir ce qui vient après la singularité. Une société post singularité pourrait nous être si étrangère que nous ne puissions l’imaginer exception faite des règles basiques de la physique. Même pour ces règles, il est parfois suggérer qu’il pourrait y avoir des lois non encore découvertes ou des conséquences non explorées de lois déjà connues pouvant être exploitées pour permettre des choses que nous pensions comme physiquement impossibles, comme par exemple traverser des trous de ver, ou remonter le temps. Toutefois, l’imprédictibilité est distincte au niveau de la logique, du développement abrupte de la technologie et doit être démontrée séparément. Les Transhumanistes diffèrent largement dans la probabilité qu’ils accordent au scénario de Vinge. La plupart de ceux qui pensent qu’une singularité aura lieu la situe dans ce siècle, beaucoup dans quelques décennies. References: Good, I. J. “Speculations Concerning the First Ultraintelligent Machine,” in Advances in Computers, Vol. 6, Franz L. Alt and Morris Rubinoff, eds (Academic Press, 1965), pp. 31-88. Vinge, V. “The Coming Technological Singularity,” Whole Earth Review, Winter Issue (1993). http://www.ugcs.caltech.edu/~phoenix/vinge/vinge-sing.html Ulam, S. “Tribute to John von Neumann,” Bulletin of the American Mathematical Society, Vol. 64, Nr. 3, Part II, pp. 1-49 (1958).

3. La societe et la politique:

3.1 Les nouvelles technologies ne bénéficieront elles qu’aux plus riches et aux plus puissants ?

On peut dire que le citoyen moyen d’un pays développé à un niveau aujourd’hui supérieur à celui de tout roi d’il y a cinq siècles. Le roi pouvait avoir un orchestre dans sa cour, mais vous pouvez vous offrir un lecteur CD vous permettant d’écouter les meilleurs musiciens quand vous le voulez. Quand un roi attrapait une pneumonie il pouvait mourir mais vous pouvez prendre des antibiotiques. Le roi pouvait avoir un carrosse avec 6 chevaux blancs, mais vous pouvez avoir une voiture qui est plus rapide et plus confortable. De plus vous avez probablement la télévision, un accès internet, une douche avec de l’eau chaude ; vous pouvez discuter avec votre famille même si elle vit dans un autre pays grâce au téléphone, et vous en savez plus sur la terre, la nature et l’espace que n’importe quel monarque médiéval. Le modèle habituel pour les nouvelles technologies est qu’elles deviennent moins chères au cours du temps. Dans le champ médical, par exemple, les procédures expérimentales sont habituellement disponibles uniquement aux sujets de recherche et aux très riches. Quand ces procédures deviennent habituelles, le coût diminue et plus de gens peuvent se l’offrir. Même dans les pays les plus pauvres, des millions de personnes ont bénéficiées des vaccins et de la pénicilline. Pour le domaine de l’électronique, le prix des ordinateurs et des autres accessoires voient leurs prix baisser très vite au fur et à mesure que de nouveaux modèles sont introduits.

Il est clair que tout le monde devra pouvoir bénéficier des technologies d'amélioration. Initialement il est probable que les avantages les plus importants iront à ceux qui en ont les moyens, les compétences et la volonté d'utiliser les nouveaux outils ; c'est une tendance qui nous appartiendra de réduire au maximum, voire d'éviter. Certaines technologies pourront accroître les inégalités sociales, par exemple si une technique d'amplification de l'intelligence devient utilisable, elle pourrait être initialement si chère que seuls les plus riches pourront se l'offrir. La même chose pourra se produire quand nous apprendrons comment améliorer génétiquement nos enfants. Ceux ayant déjà les moyens deviendront plus intelligents ce qui leur permettra d'avoir encore plus de moyens. Ce phénomène n'est pas nouveau, les parents riches envoient leurs enfants dans de meilleures écoles et leur fournissent des moyens supérieurs tels que des connections personnelles et des technologies de l'information qui ne sont pas disponibles aux moins privilégiés. De tels avantages mènent à de plus grands gains de ressources plus tard dans la vie et donc accroissent les inégalités sociales.

C'est un fait, qui n'est pas propre au domaine qui nous intéresse, mais qu'il sera nécessaire de régler. Chacun devra avoir le choix de s'améliorer ou non, et en conséquent les moyens. Le choix sans les moyens n'étant qu'une vaste hypocrisie.

Pour autant tenter de bannir les innovations technologies pour cette raison serait une mauvaise idée. Si une société considère que les inégalités sont inacceptables, un remède sage serait une taxation progressive afin de créer un fond pour pourvoir à des services tels que l'éducation, l'amélioration génétique couverte par un système de sécurité sociale, etc.

Bannir les innovations technologiques fera le jeu de ceux qui les refusent, repoussant ad vitam æternam l'autorisation de s'améliorer sous le prétexte de l'inégalité sociale. Il sera nécessaire d'adopter une politique volontariste pour éviter les deux excès.

Il ne faut pas voir le progrès économique et technologique comme un jeu à somme nulle, mais à somme positive. Le progrès technologique ne résout pas les vieux problèmes politiques tels que le degré de redistribution désirable, mais il peut accroître considérablement la quantité globale de ce qui est partagé. Il appartient au politique d'agir pour résoudre les problèmes, nouveaux et anciens, dans le respect des droits de chacun.

3.2 Les transhumanistes sont ils en faveur de l’eugénisme ?

NON, l’eugénisme se réfère au mouvement pré 2ème guerre mondiale présent en Europe et aux USA qui préconisait la stérilisation obligatoire de ceux considérés comme « génétiquement impurs » et encourageait l’expansion de ceux génétiquement avantagés (ou considérés comme tels). Ces idées sont totalement en contradiction avec la doctrine humaniste et scientifique du transhumanisme. En sus d’être opposé, de désapprouver la coercition qu’implique une telle politique, les transhumanistes rejettent fortement l’hypothèse raciste qui soutien une telle politique, de même que l’idée que l’amélioration eugéniste puisse être accomplie à travers une reproduction sélective.

Les transhumanistes soutiennent les principes de l’autonomie corporelle et de la liberté de procréation. Les parents doivent pouvoir choisir de se reproduire, choisir les moyens, et les méthodes technologiques utilisées. L’utilisation de la médecine génétique ou des test d’embryons préimplantatoires afin d’accroître la probabilité d’avoir des enfants sains, heureux, et talentueux est une application responsable et justifiée de la liberté de reproduction des parents.

Au-delà de cela, on peut considérer que les parents ont une responsabilité morale d’utiliser ces méthodes, de s’assurer qu’elles sont sures et efficaces. De même qu’il serait anormal pour des parents de manquer à leur devoir de procurer le meilleur soin qui leur est accessible à leurs enfants malades, il serait anormal de ne pas prendre des précautions raisonnables pour s’assurer que l’enfant à naître sera aussi sain que possible. Ceci, toutefois, est un jugement moral qui doit, concernant l’amélioration, être laissé à la conscience individuelle plutôt que d’être imposé par la loi.

Les restrictions à la liberté de procréation ne se justifient que dans des cas extrêmes et rares. Si, par exemple, un futur parent souhaite modifier génétiquement son enfant d’une façon qui lui serait nocive, ou qui restreindrait ses choix dans sa vie, alors les futurs parents devraient être empêchés par la loi de procéder ainsi. Ce cas est analogue au cas ou l’état prend en charge un enfant en cas de grave négligence parentale ou d’abus sur les enfants. Cette justification de la liberté de procréation peut se concilier (et de fait est tout à fait compatible) avec la conviction que l’état et la charité peuvent procurer un système de santé public, de médecine prénatale, du conseil génétique, de la contraception, des avortements, et des thérapies géniques afin que les parents puissent prendre des décisions en étant informés et libres de leur choix, aboutissant alors à moins de handicap à la génération d’après. Certains défenseurs des handicapés qualifieraient cette politique d’eugéniste, mais la société à un intérêt légitime sur le caractère sain ou handicapé des enfants à naître, et ce faisant à permettre la naissance d’enfants sains, sans être criminel ou imposer des modifications génétiques particulières. Des notions de « Handicap » et de « sain » qui ne sont pas des vérités absolues mais qui dépendent de chaque société.

Quand on débat de la moralité des améliorations génétiques, il est utile de faire la distinction entre l’amélioration qui est intrinsèquement bénéfique à l’enfant et à la société d’un côté, et l’amélioration qui ne permet que de simples avantages à l’enfant dans la société de l’autre. Par exemple, la santé, les capacités cognitives, et le bien être émotionnel sont appréciés par la majorité des gens pour ce qu’ils apportent directement. C’est tout simplement plus agréable d’être en bonne santé, joyeux et d’être capable de réfléchir plus rapidement, et ce de façon indépendante des autres avantages qui peuvent venir de la possession de telles capacités. Au contraire, des caractéristiques telles que la beauté, la performance athlétique, la taille, et la confiance en soi semblent conférer des bénéfices qui ont surtout trait à la position sociale, i.e. ils avantagent une personne en la rendant plus compétitive (En sport, en capacité à trouver un compagnon ou une compagne…), au détriment de ceux avec qui elle sera en compétition, qui subiront un désavantage correspondant à son amélioration. Les améliorations qui ont uniquement des avantages sociaux ne devraient pas être mis en avant, au contraire des améliorations amenant des avantages en eux-mêmes qui devraient être encouragés.

Parfois il est dit que l’utilisation des technologies permettant le choix des semences mènerait à une uniformité de la population. Un certain degré de conformité est désirable et espéré si nous sommes capables de rendre chacun congénitalement potentiellement plus sain, plus fort, plus intelligent et plus attirant. Certains diraient que nous devrions préserver la mucoviscidose pour sa contribution à la diversité ; mais d’autres types de diversité émergeront à coup sûr dans une société avec un choix sur les semences, notamment une fois que les adultes seront capables d’adapter leur propre corps à leurs propres goûts esthétiques. Il est probable que la majorité des parents asiatiques choisiront d’avoir des enfants avec des caractéristiques asiatiques, et si certains parents choisissent des gènes amélioration l’athlétisme, d’autres pourront choisir des gènes ayant un lien avec les capacités musicales.

Il est improbable que les améliorations sur les lignées génétiques aient jamais un impact majeur sur le monde ; cela prendra au minimum 40 ou 50 ans pour que les technologies requises soient développées, testées, et appliquées largement et pour qu’un nombre significatif d’enfants améliorés deviennent adultes. Avant que cela n’arrive, des méthodes plus puissantes et plus directes pour l’amélioration individuelle seront probablement disponibles, basées sur la nano médecine, l’intelligence artificielle, le téléchargement, et la thérapie génique somatique. (L’eugénisme « traditionnel », basé sur la sélection de ceux qui sont autorisés à se reproduire, aurait sûrement été moins performant à éviter l’obsolescence, étant donné que cela prendrait de nombreuses générations pour isoler et répandre les améliorations nécessaires.)