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La mort de la mort. Lettre de décembre 2015. Numéro 81.

Actuellement, nous dépensons 50 fois plus d’argent pour guérir les malades que nous n’en investissons dans la recherche qui nous empêchera de tomber malades. La médecine est devenue une vraie science depuis à peine 100 ans, et nous avons déjà pu vaincre certaines maladies et faire des progrès importants pour d’autres.

Publié le 28 décembre 2015, par | Suivez-nous : facebook  

zuckerbergActuellement, nous dépensons 50 fois plus d’argent pour guérir les malades que nous n’en investissons dans la recherche qui nous empêchera de tomber malades. La médecine est devenue une vraie science depuis à peine 100 ans, et nous avons déjà pu vaincre certaines maladies et faire des progrès importants pour d’autres. Alors que la technologie s’accélère, nous devons avoir comme objectif de prévenir et guérir toutes – ou presque toutes – les autres maladies, dans les 100 ans à venir. (…) Notre génération pourra-t-elle guérir les maladies pour que vous viviez beaucoup plus longtemps et en meilleure santé ? Lettre de Mark Zuckerberg (et de son épouse) à sa fille, le 1er décembre 2015 (traduction).   


Thème du mois : La mort ne recule pas que sur le front du vieillissement


Nous savons que l’espérance de vie progresse en Europe et partout dans le monde.  C’est dû, bien sûr aux progrès de l’hygiène et de la médecine. Ce dont nous nous apercevons moins, c’est combien la plupart des sources de mortalité d’hier sont devenues aujourd’hui exceptionnelles, surtout dans les pays les plus riches. De manière inhabituelle, la présente lettre n’aborde donc pas la sénescence, mais bien les causes de mortalité qui ne sont pas dues directement aux maladies liées au vieillissement. Pour cette lettre, sauf mention contraire, ce seront des chiffres concernant la France qui seront cités.

La violence volontaire

Nous ne nous en rendons généralement pas compte, mais en France comme dans le reste de l’Union européenne, les décès causés par la violence sont devenus exceptionnels. La tragique tuerie par des terroristes islamistes du 13 novembre 2015 est une exception actuellement dans toutes les mémoires mais, en moyenne, chaque année, de moins en moins de citoyens sont tués par d’autres citoyens. Ainsi, il y avait 3.060 homicides en 1888, il y en a eu 745 en 2013 (pour une population bien plus élevée). En Europe, les États montrent l’exemple de la non-violence puisque la peine de mort ainsi que toute forme de violence physique comme sanctions pénales, ont été totalement abolies dans l’Union européenne il y a plusieurs décennies.

Cependant, la violence volontaire la plus destructrice se produit lors des guerres. Dans ce qui est aujourd’hui l’Union européenne, nous avons le bonheur d’échapper aux conflits armés depuis plus de 70 ans. Dans le monde, le nombre de décès lors de guerres est globalement en diminution depuis des décennies. Cependant, il a malheureusement cru en 2013 et 2014 suite aux conflits dans le monde arabo-musulman, particulièrement en Syrie.

Les décès accidentels

Lorsque nous pensons à un décès accidentel, nous pensons d’abord à un accident de transport. C’est probablement le domaine de la mortalité où les progrès ont été les plus extraordinaires. Extérieurement, une voiture des années 2010 ressemble assez nettement à une voiture des années 1970. Il en va de même d’un avion ou d’un train des deux époques. Mais ce qui a merveilleusement progressé, c’est le degré de sécurité des usages de ces véhicules. En ce qui concerne la circulation routière, il y a eu 18.000 morts sur les routes françaises en 1973. Quarante ans plus tard, il n’y en a plus eu que 3.000 alors que le nombre de véhicules a plus que doublé durant cette période.

En ce qui concerne les autres accidents, les progrès sont considérables également. Ainsi, les décès suite à des accidents du travail étaient au nombre de 2.383 en 1971. Ils n’étaient plus que 541 en 2014. La plupart de ces accidents ont également lieu sur la route, mais les décès suite à des incendies, électrocutions, noyades diminuent également. Ceci s’explique bien sûr parce que les soins en cas de blessure sont plus efficaces, mais d’abord parce que des législations plus nombreuses, des mesures de prévention plus strictes, des connaissances plus étendues permettent une diminution du nombre et de la gravité des accidents.

Les suicides

En ce qui concerne ce domaine, il n’y a pas  d’évolution positive. Le nombre de décès par suicide reste relativement stable ces vingt dernières années après avoir été en croissance durant la fin du 20e siècle. Les statistiques dans ce domaine sont cependant complexes, notamment parce que le choix de mettre fin à sa vie est souvent dissimulé ou non répertorié.

Les décès dus à la nature

Les loups ne sont pas entrés à Paris et les risques d’être tué par un animal sont faibles, même s’il y a chaque année des décès suite à des piqûres d’insectes ou des morsures et blessures causée par certains animaux (bétail, chiens, …). Aujourd’hui, lorsque la nature « se révolte », nous sommes devenus bien mieux organisés qu’avant pour en diminuer l’impact. Ainsi, alors qu’en 1930, des inondations dans le Tarn tuaient encore des centaines de personnes, les inondations les plus meurtrières des dernières décennies, en juin 2010 dans le Var, n’ont fait « que » 27 morts. Les tempêtes, elles, ne font plus que de rares victimes surtout en mer.

Et si l’espérance de vie ne dépendait que d’une source, combien de temps vivrions-nous aujourd’hui ?

Pour visualiser l’ampleur des progrès accomplis, imaginons que les meurtres soient la seule cause de décès en France.  Si nous ne mourions qu’en tant que victimes de meurtriers, notre durée de vie aurait quadruplé depuis 1888 (quatre fois moins de « chance » d’être victime d’un meurtre). En 1888, nous vivions en moyenne moins de 50 ans. Nous vivrions aujourd’hui plus de 200 ans.

Imaginons maintenant que les accidents de voiture soient la cause unique de la mort. Notre durée de vie aurait sextuplé depuis les années 1970. Nous vivions à l’époque environ 70 ans. Nous vivrions donc en 2015 plus de 400 ans.

Autrement dit, la médecine de la longévité progresse, mais il y a probablement beaucoup à apprendre des progrès réalisés dans d’autres domaines où, proportionnellement, plus encore de vies sont sauvées.


Les bonnes nouvelles du mois : Metformine, Zuckerberg et les citoyens britanniques en route vers de nouvelles aventures de longévité (communiqué de presse de Heales, décembre 2015)


Le 2 décembre, la Food and Drug Administration des États-Unis a autorisé un essai de cinq ans de la metformine sur 3000 personnes âgées de 60 ans et plus. La metformine permet déjà un allongement spectaculaire de la vie pour les patients diabétiques. L’objectif de cette recherche révolutionnaire est de vérifier si le vieillissement chez les personnes âgées « ordinaires » est ralenti avec ce produit (comme il l’est chez la souris). En d’autres termes, l’objectif est de traiter le vieillissement comme une maladie.

La veille, le 1er décembre, Mark Zuckerberg, célébrant la naissance de sa fille, a décidé de consacrer l’essentiel de sa fortune, soit 43 milliards de dollars pour créer (avec son épouse), une société dont l’un des objectifs sera de lutter contre les maladies qui subsistent aujourd’hui. (…)

Mark, tu n’es pas tout seul. Selon un sondage, 87 % des lecteurs du journal britannique Dailypoll_pill_120 Telegraph choisiraient de ”prendre une pilule anti-âge pour vivre jusqu’à 120 ans » s’ils le pouvaient. Donc déjà 87 % de technoprogressistes et plus que 13 % de bioconservateurs parmi les 20.000 répondants.

Nous changeons de paradigme médical. C’est un changement révolutionnaire que nous souhaitons en tant que longévitistes. Les maladies dues à la vieillesse ne doivent pas être combattues uniquement dans quelques endroits prometteurs des États-Unis. Nous invitons les autorités publiques et les entreprises privées à faire de même partout dans le monde. Une recherche publique intense permettra un développement plus rapide, ce qui garantira une plus grande accessibilité et le partage de l’information médicale au profit de nouvelles thérapies pour tous. De nouvelles entreprises privées peuvent accélérer le rythme des découvertes. Des milliers de scientifiques et des milliards de citoyens bénéficieraient d’une nouvelle volonté politique pour veiller à ce que tous, en commençant par les plus pauvres, puissent jouir d’une vie beaucoup plus longue et beaucoup plus saine.

Agissons !


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