Accueil > transhumanisme > La mort de la mort. Lettre d'octobre 2013. Numéro 55

La mort de la mort. Lettre d'octobre 2013. Numéro 55

Depuis plusieurs années, Didier Coeurnelle, vice-président de Technoprog! mais aussi co-fondateur de l'organisation internationale HEALES, publie une lettre mensuelle intitulée "La mort de la mort". Voici le #55, qui comporte un bref compte rendu de la conférence de presse qui a eu lieu à Bruxelles le 1er octobre 2013 à l'occasion du Longevity Day (vidéo accessible).

Publié le 9 décembre 2013, par | Suivez-nous : facebook  

Le vieillissement est un jeu atroce. Vous ne pouvez gagner, mais vous devez participer.
(Dean Kamen, inventeur du Segway, mais également de nombreux dispositifs médicaux.
Citation en anglais: « Aging is a terrible game. You can’t win and you have to play. »)

Thème du mois:
Journée internationale des personnes âgées

Presque toute l’histoire de l’humanité se déroule durant la période que nous appelons le paléolithique. Elle débute il y a 3 millions d’années, quand l’homme n’est pas encore ce que nous sommes et s’achève il y a environ 12.000 ans lorsque les premières civilisations s’annoncent.

Durant toute cette période, il se peut que jamais une femme ou un homme, ne soit devenue une personne âgée au sens chronologique où nous l’entendons actuellement. En tout cas, très rares sont les squelettes retrouvés établissant un décès survenu après l’âge de 50 ans.

Alors que certains perçoivent la lutte contre le vieillissement comme un souhait antinaturel, il est bon de rappeler que c’est en fait la vieillesse qui est antinaturelle. Les rêves et les cauchemars de nos aïeuls, de presque toutes les générations qui se sont succédé avant nous, ne dépassaient pas le demi-siècle.

Le 1er octobre a été déclaré journée internationale des personnes âgées par les Nations-Unies. Cette journée a été fêtée pour la première fois en 1991. Durant les 22 années écoulées depuis, des centaines de millions de personnes âgées ont atteint l’âge de 60 ans. Elles vivent en moyenne mieux et plus longtemps que leurs parents. Malheureusement des centaines de millions d’autres sont décédées.
L’âge à partir duquel un adulte est considéré comme « personne âgée » varie en fonction des époques, des cultures et des situations sociales. Un joueur de football professionnel sera pensionné et donc « âgé » avant 40 ans tandis qu’une femme écrivain pourrait écrire un chef d’œuvre bien après 70 ans. Si l’on retient l’âge, le plus souvent cité: 60 ans, il y a aujourd’hui dans le monde, environ un milliard de personnes âgées, soit un être humain sur 7, en majorité des femmes. Si les évolutions démographiques, économiques et de santé actuelles se poursuivent, ce nombre devrait passer à deux milliards d’ici l’année 2050. Mais d’ici 2050, il n’est pas certain qu’une personne de 60, voire même de 70 ans sera encore considérée comme une personne âgée.

Pour l’édition 2013 de la journée des personnes âgées, le mouvement international pour la longévité (International Longevity Alliance) a organisé des activités dans des dizaines de pays sur tous les continents. Les participants étaient des activistes de la longévité, scientifiques et non scientifiques, mais aussi des citoyens « ordinaires », personnes âgées ou jeunes.
C’est à Bruxelles qu’a eu lieu l’une des principales activités, une conférence de presse à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique introduite par la journaliste Martine Verhaeghe de Naeyer avec quatre orateurs: Madame Caroline Petit, Directrice adjointe aux Nations Unies, présentant le cadre de la journée internationale et les implications en matière de santé ; Laurent Alexandre, médecin, fondateur de Doctissimo, auteur du livre La mort de la mort. Comment la technomédecine va bouleverser l’humanité ; Miroslav Radman, biologiste cellulaire, membre de l’Académie française des sciences, auteur de Au-delà de nos limites biologiques ; Didier Coeurnelle (auteur de la présente lettre), coprésident de l’association Heales [et vice-président de Technoprog. ndlr], auteur de Et si on arrêtait de vieillir ! Réalité, enjeux et perspectives d’une vie en bonne santé beaucoup plus longue.
Le thème commun de cette journée internationale est que les progrès médicaux permettant une vie plus longue et en meilleure santé de centaines de millions de personnes sont positifs et doivent être encouragés. Cet encouragement concerne les aspects financiers, bien sûr, mais également les composantes politiques, sociales, économiques artistiques, bref, l’ensemble de nos sociétés.

La bonne nouvelle du mois:

Récolte de fonds collective réussie pour un court-métrage
Un réalisateur américain, Tim Maupin, souhaite produire un court-métrage intitulé « The last generation to die » (la dernière génération à mourir). Il s’agirait d’un film de science-fiction se déroulant dans un avenir relativement proche, dans lequel les thérapies pour une vie beaucoup plus longue sont accessibles. Le héros du film est une scientifique dont le père hésite à utiliser pour lui-même les thérapies disponibles. Monsieur Maupin a lancé un « crowdfunding » qui avait pour objectif de départ de récolter 9.000 dollars. Plus de 35.000 dollars ont déjà été promis.

Pour en savoir plus

De manière générale, voir notamment: http://heales.org, http://sens.org et http://longecity.org

A propos des événements organisés le 1er octobre 2013 (en anglais):
http://longevityalliance.org/celebrations-of-the-international-longevity-day-around-the-world/

Pour visionner la conférence de presse du 1er octobre 2013:
introduction, partie 2, partie 3, partie 4, débat.

Les 3 livres présentés peuvent être acquis en ligne.

Pour visionner une présentation du projet du court-métrage « The last generation to die »:
http://www.kickstarter.com/projects/1956082973/the-last-generation-to-die-a-short-film

Source de l’illustration: le logo des Nations-Unies

Didier Coeurnelle


Pour être tenu au courant des nouveaux articles du site, abonnez-vous à notre page Facebook, notre compte Twitter et/ou notre Newsletter mensuelle. Adhérer ?

Laisser un commentaire


Abonnez-vous à notre newsletter