La robotique humanoïde : cessons de regarder le futur avec dix ans de retard
Pour que le progrès ne soit plus ni ignorés, ni minimisés dans les médias français ! Par Frey-Trapp
Publié le 5 octobre 2026, par dans « __Général »
Il devient difficile de parler sérieusement de robotique humanoïde lorsque l’on continue, dans une partie des médias, à présenter cette technologie à travers des images et des exemples vieux de plusieurs années.
La robotique humanoïde a pourtant connu des progrès considérables. Les robots marchent, courent, montent des escaliers, manipulent des objets et sont désormais capables de réaliser des tâches de plus en plus complexes. Certains sont déjà expérimentés dans des environnements réels, notamment dans des hôtels, des restaurants ou des établissements de santé en Asie. En Chine et au Japon, ces expérimentations ne datent d’ailleurs pas d’hier : elles existent sous différentes formes depuis les années 2010. Et la France commence elle aussi à expérimenter ces technologies.
Pourtant, il arrive encore d’entendre que les robots « ne tiennent pas debout » ou qu’ils seraient incapables de fonctionner dans le monde réel. Le décalage est parfois saisissant : au moment même où de nouvelles démonstrations montrent leurs capacités, on continue de diffuser des images de robots maladroits d’il y a dix ans pour illustrer ce qu’ils seraient censés être aujourd’hui.
Un exemple récent est particulièrement révélateur : alors que certains reportages insistaient encore sur l’incapacité des robots à tenir debout ou à accomplir des tâches physiques, un robot humanoïde participait le même jour à Los Angeles à un combat face à un boxeur professionnel. Bien sûr, cela ne signifie pas que les robots sont devenus parfaits, ni qu’ils peuvent déjà remplacer l’être humain dans tous les domaines. Mais cela montre à quel point la réalité évolue rapidement.
Le problème n’est donc pas de présenter les limites actuelles de la robotique. Elles existent, et il est parfaitement légitime de les analyser. Le problème est de présenter comme actuel un état de la technologie qui appartient déjà en partie au passé.
Nous avons besoin d’un journalisme capable de regarder la robotique telle qu’elle est aujourd’hui : avec ses limites, ses incertitudes, mais aussi ses progrès réels.
Car lorsqu’une technologie évolue plus vite que l’image que nous en donnons, c’est notre regard sur le monde qui finit par prendre du retard.
Mais derrière cette bataille d’images et de chiffres se joue quelque chose de plus profond qu’une simple querelle sur les performances techniques des machines. La robotique humanoïde nous oblige à interroger ce que nous considérons comme proprement humain. Pourquoi un robot qui se déplace, travaille, interagit avec nous et adopte progressivement une apparence et des capacités de plus en plus proches des nôtres suscite-t-il autant de fascination, de peur ou de dénigrement ? La question n’est donc pas seulement de savoir jusqu’où les robots peuvent progresser, mais ce que leur progression change dans notre rapport à la machine, au travail, au corps et, à terme, à la frontière même entre l’humain et l’artificiel. C’est précisément en cela que la robotique humanoïde rejoint la réflexion transhumaniste : elle ne transforme pas seulement nos outils, elle nous contraint à repenser ce que signifie être humain dans un monde où la frontière entre l’homme et la machine devient progressivement moins évidente.
Lien vers une vidéo qui illustre le propos: https://youtube.com/shorts/cQSzgla-PmM?is=J1QVoQ-KBxFv8jhg
(en effet, ici des représentations datés des robots humanoïdes y sont fait, sous pretexte qu’une vidéo IL aurait montré un robot humanoïde déambulé dans les rues en blouse d’hôpital)
Frey-Trapp, septembre 2026