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Non, ce n’était pas mieux avant

Pourquoi nous n'avons pas à regretter le passé. Et pourquoi il est dangereux de croire le contraire.

Publié le 19 janvier 2018, par | Suivez-nous : facebook  

J’ai récemment lu un livre intitulé « Non, ce n’était pas mieux avant ». Il me semble intéressant d’en parler dans le cadre de ce site.

Le principe de ce livre est très simple. Il considère, chapitre après chapitre, différents aspects de la qualité de vie : pauvreté, santé, éducation, espérance de vie, travail des enfants, sécurité, droits des femmes et des minorités… Et pour chaque aspect, il montre, chiffres à l’appui, que « Non, ce n’était pas mieux avant ». Et cela, que « avant » soit « il y a deux siècles », « il y a un siècle », « il y a 50 ans », « il y a 20 ans », etc. A l’heure où vous lisez ces lignes, des progrès globaux continuent d’être faits sur tous ces aspects [2].

Pourtant, c’est loin d’être l’opinion majoritaire. Plusieurs sondages (cités dans le livre) montrent que, dans les pays occidentaux, nous pensons que la situation empire avec le temps.

Cela est notamment dû au fait que notre cerveau est programmé pour privilégier les informations négatives par rapport aux informations positives [1]. Cela incite les médias à nous proposer davantage d’informations négatives, car elles font mesurablement plus d’audience. D’où un cercle vicieux de pessimisme généralisé.

Soyons bien clairs : il ne s’agit en aucun cas de nier les problèmes de notre époque. On peut citer, par exemple : la pollution, les tensions sur les ressources naturelles, le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité, le contrôle des données… On peut aussi évoquer le sentiment d’impuissance, de déclassement et d’humiliation qu’une certaine brutalité économique a développé parmi les classes moyennes et défavorisées des pays occidentaux. Mais il faut également garder à l’esprit les progrès spectaculaires qui ont été faits à l’échelle planétaire durant les derniers siècles et les dernières décennies.

Nous sommes tous d’accord pour dire que l’excès d’optimisme est dangereux. Lorsqu’on est trop optimiste, on néglige les problèmes, on n’anticipe pas les risques, et on en subit les conséquences. Cependant, on oublie souvent que l’excès de pessimisme est tout aussi dangereux.

Lorsqu’on est submergé par un pessimisme irrationnel (qui ne correspond pas à la réalité), on idéalise un passé fantasmé, et on se dit qu’il serait peut-être préférable d’y retourner (« Make America Great Again »). On devient méfiant envers la technologie, en se disant qu’elle n’apporte que ruine et malheur, en niant les énormes progrès (selon des critères objectifs de qualité de vie) qu’elle a rendu possibles. Ou, tout simplement, on entre dans une logique nihiliste : puisque le monde est « foutu », pourquoi se soucier des conséquences de nos actions sur le long terme (surtout les conséquences pour les autres) ? « Après moi le déluge ! »

Si nous voulons prendre les bonnes décisions par rapport à l’avenir, nous devons avoir une vision juste de la réalité. Ni exagérément optimiste, ni exagérément pessimiste. Donc, si vous pensez que tout va de plus en plus mal, que le monde court à sa perte… lisez « Non, ce n’était pas mieux avant ». Faire ce constat est un prérequis nécessaire à toute discussion raisonnable sur l’avenir.

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Note : L’auteur n’est pas ouvertement transhumaniste et laisse par moment transparaître ses opinions politiques, qui pourront déplaire à certains lecteurs. Cela dit, on peut facilement les ignorer et se concentrer sur les données objectives, qui constituent l’essentiel du livre.

[1] Voir par exemple le papier de psychologie « Bad Is Stronger Than Good » (2001).

[2] Un livre de Steven Pinker récemment traduit en français, La part d’ange en nous, fait le même type de démonstration, mais uniquement en ce qui concerne la violence.

 


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