Quelle priorité politique ?
La sécurité des personnes ne se joue pas là où on nous le montre.
Publié le 29 mars 2026, par dans « Immortalité ? • __Longévité radicale • __Politique, droit, société »

De récentes échéances électorales ont donné la possibilité aux citoyens de s’exprimer sur leurs préoccupations de proximité, dans leur vie quotidienne. Et selon plusieurs études, ce qui serait ressorti parmi les trois exigences premières aurait été celle de davantage de sécurité (voir par exemple : “Priorités françaises”, ou le “baromètre Ipsos-BVA”). En effet, ne sommes-nous pas entourés de menaces de toute part ? La guerre gronde aux portes de l’Εurope. La société serait de plus en plus violente, la croissance du marché de la cocaïne emmène avec elle l’ultra-violence des gangs. Et avec la guerre en Iran, on imagine déjà les prochains attentats commis par des cellules djihadistes dormantes ou par d’insaisissables loups solitaires. Augmentons donc tous les budgets de sécurité, pour les armées et la police, construisons plus de prisons (celles qui existent sont toujours trop pleines) et renvoyons les vrais délinquants là d’où ils viennent …
Mais, un instant, que disent exactement les chiffres de ces hécatombes pour un pays comme la France ? Voyons large, disons depuis en gros dix ans, en incluant la vague d’attentats de 2015. Côté militaires, cela fait une centaine [voir le récapitulatif des « Pertes militaires françaises en opérations extérieures depuis 1963 » ]. Quant aux civils présents sur des théâtres de guerre, le nombre est difficile à cerner mais l’ordre de grandeur semble être de quelques dizaines. Pour les attentats, différentes synthèses estiment le nombre de décès à 275 personnes, les blessés à plusieurs centaines (au moins 800-900 rien que pour les attentats de 2015 et 2016), et les victimes psychologiques à plusieurs milliers, avec des séquelles durables pour beaucoup. Enfin, sur le front de la grande délinquance, le nombre des victimes directes a augmenté de façon significative pour atteindre régulièrement plus de cent morts par an et plus de 300 ou 400 blessés selon les années.
Au total, cela nous fait une grande catastrophe, un nombre de victimes directes ou indirectes qui se monte peut-être autour de 15.000 personnes en dix ans. Tout cela ne justifie-t-il pas que la sécurité soit une des premières préoccupations des français ?
À moins évidemment qu’on nous parle d’autre chose dans les médias, télés, journaux ou réseaux sociaux confondus. Quelle a été la principale cause de mortalité sur cette même période de dix ans ? Sans aucun doute, il nous faut parler des maladies liées au vieillissement ! Pour ne citer que les trois grandes catégories que sont les cancers, les maladies cardio-vasculaires et les maladies neuro-dégénératives, voici quelques rappels :
Pour les cancers, les décès se montent à environ 1 500 000, soit environ 150 000 décès par an (voir par exemple le site de la fondation ARC). À quoi il faut ajouter quelque 400 000 nouveaux cas par an, avec une légère augmentation annuelle.
– Pour les maladies cardio-vasculaires, c’est environ 1 400 000 sur la période, avec autour de 10 millions d’hospitalisations et nouveaux cas cumulés (source : Vie Publique).
– Et pour les maladies neuro-dégénératives, les estimations, basées sur une prévalence de 1,5 million de personnes atteintes et une mortalité élevée, donnent autour de 800 000, notamment pour Alzheimer et Parkinson (voir par exemple Le médecin.fr). En dix ans, le nombre de nouveaux cas se monte à près de 1 200 000 (soit environ 120 000 nouveaux cas par an), avec une forte progression liée au vieillissement de la population.
Bilan : les morts cumulées de ces trois causes avoisinent les 4 millions. Dans l’entre-temps, les nouveaux cas dépassent les 16 millions.
Et nous ne dirons rien de la mortalité liée à la pandémie de COVID-19.
Alors, quelle est la plus importante des priorités ? Qu’est-ce qui devrait nous choquer davantage ? Comment se fait-il que, in fine, le nombre de 15 000 victimes nous frappe davantage que celui de 15 millions ?
Avons-nous besoin de davantage de policiers, de gardes civils, de douaniers, de prisons ? Ou bien avons-nous d’abord besoin de plus de médecins, de soignants, d’hôpitaux, et d’investissements, publics et privés, dans la recherche sur les processus et le contrôle du vieillissement ?
L’épisode électoral des municipales se referme, mais, en France, tout le monde sait bien qu’il a aussi été une répétition en vue des échéances de l’année 2027. Quelle sera votre priorité politique pour les quinze mois à venir ?
Pour l’AFT-Technoprog, les choses sont claires. Nous appelons à financer massivement la recherche pour la longévité et à en faire une grande cause nationale et internationale – car beaucoup de ces grands enjeux se jouent au moins au niveau européen. Et sans attendre, nous appelons tous ceux qui réalisent l’importance de cette priorité à se rassembler le 8 avril devant le Palais Bourbon et à rejoindre le mouvement Fund Longevity qui manifestera dans plus d’une quinzaine de villes dans le monde (Inscrivez-vous ici pour participer).
Parce que la première des priorités, à tout âge et dans toutes les familles politiques, cela devrait être de permettre à tous une vie en bonne santé beaucoup plus longue.