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Longévité, médecine, surpopulation : avis d’experts

Que disent les experts ? Que la lutte contre le vieillissement pourrait être un élément central de la recherche médicale. Et que la longévité n'est pas un facteur catastrophique de surpopulation.

Publié le 13 septembre 2016, par | Suivez-nous sur les réseaux sociaux :

Dans une récente émission sur France Culture, deux directeurs de recherche – l’un en biologie cellulaire, l’autre en études démographiques – s’expriment sur l’allongement de la durée de vie en bonne santé.

Nous avons retranscrit ci-dessous deux passages qui nous semblent très intéressants.

 

La lutte contre le vieillissement : futur pilier de la recherche médicale ?

Jean-Marc Lemaître (photo ci-dessus) est un spécialiste en biologie cellulaire liée au vieillissement. Il est directeur de recherche à l’INSERM, et directeur adjoint de l’Institut de médecine régénératrice et biothérapies de Montpellier.

Présentateur :

« On peut lire que ce type de recherche [sur l’allongement de la durée de vie] serait plus bénéfique, finalement, en terme de coût de santé publique, que d’investir dans la lutte contre le cancer ou les maladies cardio-vasculaires. »

Jean-Marc Lemaître :

« Oui, d’autant que depuis une bonne quinzaine d’années, un consensus entre les laboratoires qui travaillent sur le vieillissement est apparu sur certaines données particulières du vieillissement, qui indiquent que probablement, toutes les pathologies qui sont liées à l’âge pourraient avoir un dénominateur commun. Et finalement, aller essayer de cibler cet état particulier cellulaire va peut-être permettre d’avoir tout un ensemble de répercussions sur toutes les pathologies.

Pour préciser un peu plus, nous parlions tout à l’heure de l’état sénescent. Un certain nombre d’expériences ont pu montrer que, notamment sur des modèles animaux, lorsqu’on arrivait sélectivement à supprimer les cellules sénescentes de ces souris, non seulement on retarde toutes les pathologies liées à l’âge, mais on augmente la longévité de ces souris de 30%. »

(Source : à 49 minutes dans l’émission)

 

Longévité et surpopulation : garder la tête froide

Emmanuelle Cambois est directrice de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED) et membre de l’unité de recherche « Mortalité, santé, épidémiologie ».

Emmanuelle Cambois :

« Il y a ce qu’on fait en laboratoire pour faire progresser la longévité, comprendre le vieillissement biologique. Et il y a ce qui se passe dans les populations : l’interaction de tous ces progrès médicaux qu’on applique et qui viennent interagir avec l’environnement social, avec l’histoire d’une population, l’histoire de ses générations.

Je crois qu’il y a encore du chemin à faire à ce niveau là. Une manière d’améliorer dans les années qui viennent l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé, ce serait de réduire les inégalités sociales. »

Présentateur :

« Si tout le monde vit beaucoup plus longtemps, cela veut dire qu’il y une vraie responsabilité collective à peupler la planète de plus en plus, avec des durées de vies allongées, et avec un seuil de population extrêmement élevé que l’on est pas sûr que la planète puisse supporter. »

Emmanuelle Cambois :

« Je rejoins mon collègue : il faut voir comment les choses évoluent dans les années qui viennent, quels sont les gains d’espérance de vie, d’espérance de vie sans incapacité, en bonne santé. C’est ce qu’on étudie, et je crois que des équilibres se forment, au-delà de comment évolue la population, comment évolue les sociétés… Et une forme de régulation, en général, harmonise ces tendances. »

(Source : à 57 minutes dans l’émission)

 

Autres passages intéressants

A 26 minutes 15 : Des recherches montrent qu’il est possible d’empêcher le vieillissement de muscles de souris. On a identifié des hormones qui « disent » à l’organisme s’il doit enclencher un programme de longévité ou non.

A 31 minutes : Comment l’on parvient à rajeunir des cellules de plus de 100 ans. Rappel essentiel de Jean-Marc Lemaître sur le mécanisme de sénescence : le « suicide cellulaire » est un processus actif, et non une simple usure mécanique de l’organisme.

Article sur Jean-Marc Lemaître : « L’homme qui rajeunit les cellules »

L’émission sur le site de France Culture

 

 

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