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Prothèses et augmentations corporelles

Dans quelle mesure les prothèses peuvent-elles nous augmenter ?

Publié le 27 novembre 2016, par | Suivez-nous sur les réseaux sociaux :

Cet article fait partie d’un livre sur le transhumanisme. Pour en savoir plus, cliquez ici.

 

Un des principes revendiqués par les transhumanistes est la liberté de disposer de son propre corps comme on l’entend, tant que cela ne nuit pas à autrui. Ce choix doit bien sûr être libre et non contraint.

Aujourd’hui, cette liberté corporelle prend des formes essentiellement esthétiques (tatouages, piercings, chirurgie esthétique…). Mais dans un futur plus ou moins proche, elle pourrait se manifester par tout un panel d’augmentations : augmentations sensorielles ou motrices, organes artificiels, contrôle d’objets par la pensée…

Il convient ici de faire un point sur la représentation du transhumanisme dans les médias. Afin de rendre leurs articles attractifs, les journalistes sont incités à utiliser des illustrations qui attirent l’œil. Et dans le cas du transhumanisme, la solution la plus évidente consiste à montrer des images de prothèses de bras et de jambes.

Comme dit plus haut, chacun devrait idéalement être libre de modifier son corps sans avoir à se justifier. Cependant, aux yeux du grand public, l’intérêt n’est pas du tout évident dans ce cas précis : pourquoi diable remplacer son bras par un équivalent métallique au contour rugueux et austère, dont rien n’indique qu’il reproduit la sensation de toucher ? Et quand bien même il devrait posséder une force accrue, cela a peu d’intérêt dans nos sociétés modernes, où la plupart des gens ont rarement à utiliser la force physique. De plus, les prothèses représentées sont souvent des prothèses de notre époque, destinées aux personnes handicapées, qui ne reproduisent les membres biologiques que de façon très rudimentaire.

Face à cela, beaucoup de gens peinent à voir où se trouve l’augmentation, et y voient plutôt une diminution ! Perte de sensation, perte de précision… Ces images de prothèses ne sont peut-être pas la façon la plus adéquate d’illustrer le transhumanisme.

 

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Ce genre de prothèse change la vie d’une personne amputée, mais peut-on pour autant parler d’augmentation ?

 

On peut bien sûr imaginer un bras artificiel qui surpasserait en tout point un bras biologique : esthétique, sensation de toucher plus fine, dextérité et force accrues… Mais on peut également imaginer des augmentations moins visibles et à l’intérêt plus évident. Par exemple, acquérir une vue d’aigle, ou la possibilité (activable et désactivable à volonté) d’augmenter radicalement son ouïe, d’entendre des ultrasons ou de voir la lumière infrarouge, d’avoir l’odorat d’un chien… Ou encore percevoir de nouvelles saveurs d’aliments, ou de nouvelles sensations de toucher. On pourrait même développer des sens qui n’existent pas chez l’humain, comme la capacité à percevoir des signaux électromagnétiques.

Mais au-delà de cet éventail de nouvelles perceptions, cela pourrait également affecter notre manière d’agir sur le monde. En effet, de nombreuses prothèses actuelles (pour personnes amputées) sont contrôlées directement par la pensée, à l’instar de nos membres biologiques. Cela peut se faire, par exemple, en mesurant et identifiant les ondes cérébrales. Le degré de contrôle est relativement limité aujourd’hui, mais en constante amélioration.

Or, il n’y a nul besoin d’être amputé pour apprendre à « piloter » un nouvel organe par la pensée. Ainsi, l’une des épreuves du Cybathlon 2016 se déroulait dans un jeu vidéo entièrement contrôlé par la pensée. De cette manière, nous pourrions apprendre à contrôler toutes sortes d’objets. Des applications anecdotiques seraient d’allumer et éteindre la lumière dans une pièce, ou de déplacer le pointeur sur un diaporama lors d’une présentation. Mais nous pourrions également surfer sur Internet par la pensée, taper du texte par la pensée (sans passer par un clavier), voire communiquer directement par la pensée ! Des expériences rudimentaires de communication par la pensée ont déjà été mises en œuvre. Les possibilités sont infinies.

 

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Porte-parole de l’association, j’écris régulièrement des articles pour le site.

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