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Religion, Transhumanisme et quête de transcendance

Et si religion et transhumanisme recherchaient une même forme de transcendance par des moyens différents ?

Publié le 5 août 2017, par | Suivez-nous sur les réseaux sociaux :

Ce bref article a initialement été publié dans le numéro 3 de H+ Magazine (magazine francophone sur les robots – à ne pas confondre avec le site anglophone hplusmagazine.com !). Nous le republions ci-dessous.

 

La question peut surprendre, car la plupart des transhumanistes (dont l’auteur de cet article) sont athées, et privilégient la méthode scientifique à la croyance. Il existe certes des mouvements transhumanistes à connotation religieuse tels le cosmisme, mais là n’est pas le sujet de cet article. Il s’agit plutôt de montrer que religion et transhumanisme répondent à un même besoin.

L’humain se distingue de l’animal par sa capacité évoluée au langage, qui lui permet d’articuler des concepts complexes. De cette aptitude découlent de nombreuses questions sur notre place dans l’Univers, ainsi qu’une conscience aiguë de notre finitude, de notre mortalité. Nous pouvons concevoir des choses infinies, mais nous sommes limités dans nos actions, limités dans le temps.

Pour échapper à cette finitude, le croyant cherche à se rapprocher de Dieu, un être infini et omniscient (ou d’un panthéon de dieux, ou de forces primordiales…). Sa vie est consacrée à cet effort, et la mort lui donne accès à un nouveau plan d’existence, libéré des contraintes du monde matériel. Pendant longtemps, la foi a été la seule réponse à ce besoin de transcendance.

Et si le transhumanisme était une autre réponse possible, née des espoirs de la science ? Pas nécessairement une voie excluant la première, mais simplement un autre outil pour poursuivre cette quête. Au fond, nous aspirons avant tout à « être plus », à « exister davantage », à développer cette conscience de nous-mêmes et du monde qui nous a amenés à ces questionnements.

Comment pourrions-nous « être plus » dans une perspective transhumaniste ? Tout d’abord, en affinant nos sens et nos perceptions. Nous pourrions voir le monde avec plus d’acuité, percevoir des sons et des odeurs inconnus, ressentir la vie plus intensément… Et, pourquoi pas, imaginer de nouveaux sens. Notre conscience prend appui sur nos perceptions, et s’enrichit avec elles.

De même, nous pourrions augmenter nos capacités cognitives, développer notre conscience, notre intelligence, notre sensibilité, notre intuition. Nous pourrions imaginer de nouveaux moyens d’agir sur le monde, de nous rendre plus omniscients, plus ubiquitaires, moins soumis aux contraintes de la survie immédiate.

Enfin, nous pourrions allonger notre vie en pleine santé, la prolonger sur des siècles, voire indéfiniment. La religion promet la vie éternelle après la mort, ou la réincarnation jusqu’à l’accession au Nirvana. Cela ne témoigne-t-il pas d’un puissant rejet de la mort en tant qu’annihilation totale de l’être, en tant que perte radicale de sens ? Et si l’aspiration transhumaniste à l’amortalité, au lieu de s’opposer à la religion, relevait précisément de la même quête fondamentale ? Une quête de dépassement de notre condition mortelle et limitée, et d’accession progressive à ce que notre esprit peut concevoir.

 

Voir aussi : article « Transhumanismes & religion », par Marc Roux.

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Porte-parole de l’association, j’écris régulièrement des articles pour le site.

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