Robotique humanoïde : pourquoi certains médias en parlent avec dix ans de retard ? 

La robotique humanoïde avance à pas de géant ; certains médias, eux, semblent avoir décidé de rester dix ans en arrière. Par Frey-Trapp

Publié le 8 octobre 2026, par dans « __Général »

Il devient difficile de parler sérieusement de robotique humanoïde lorsque l’on continue, dans une partie des médias, à présenter cette technologie à travers des images et des exemples vieux de plusieurs années.

La robotique humanoïde a pourtant connu des progrès considérables. Les robots marchent, courent, montent des escaliers, manipulent des objets et sont désormais capables de réaliser des tâches de plus en plus complexes. Certains sont déjà expérimentés dans des environnements réels, notamment dans des hôtels, des restaurants ou des établissements de santé en Asie. En Chine et au Japon, ces expérimentations ne datent d’ailleurs pas d’hier : elles existent sous différentes formes depuis les années 2010. Et la France a elle-même été un temps pionnière dans ces technologies avec l’entreprise Aldebaran Robotics.

Pourtant, il arrive encore d’entendre que les robots « ne tiennent pas debout » ou qu’ils seraient incapables de fonctionner dans le monde réel. Le décalage est parfois saisissant : au moment même où de nouvelles démonstrations montrent leurs capacités, certains médias  continuent de diffuser des images de robots maladroits d’il y a dix ans pour illustrer ce qu’ils seraient censés être aujourd’hui.

Un exemple de ce genres de propos peut être illustré par ce petit reportage M6 du 22 septembre 2026: https://youtube.com/shorts/cQSzgla-PmM?is=J1QVoQ-KBxFv8jhg (Ici les journalistes on utilisé le fait que ces vidéos ont été réalisées avec l’ia pour discréditer les robots humanoïdes et les récents progrès) 

Un exemple récent est particulièrement révélateur : alors que certains reportages insistaient encore sur l’incapacité des robots à tenir debout ou à accomplir des tâches physiques, un robot humanoïde participait 4 jours avant à San Francisco le 18 septembre 2026 à un combat face à un boxeur professionnel. Bien sûr, cela ne signifie pas que les robots sont devenus parfaits, ni qu’ils peuvent déjà remplacer l’être humain dans tous les domaines. Mais cela montre à quel point la réalité évolue rapidement.

Le problème n’est donc pas de présenter les limites actuelles de la robotique. Elles existent, et il est parfaitement légitime de les analyser. Le problème est de présenter comme actuel un état de la technologie qui appartient déjà en partie au passé.

Nous avons besoin d’un journalisme capable de regarder la robotique telle qu’elle est aujourd’hui : avec ses limites, ses incertitudes, mais aussi ses progrès réels.

Car lorsqu’une technologie évolue plus vite que l’image que nous en donnons, c’est notre regard sur le monde qui finit par prendre du retard. Comment se préparer au choc de la transition laborale si nous n’anticipons pas l’évolution des machines et la disparition progressive du travail humain comme correctif des excès du capitalisme ?

Derrière les chiffres et les images, il y a un enjeu qui dépasse la simple comparaison des performances techniques. La robotique humanoïde nous pousse à nous demander ce que nous appelons « humain ». Un robot qui marche, qui travaille, qui interagit avec nous, et dont l’apparence comme les capacités se rapprochent peu à peu des nôtres : voilà qui provoque à la fois fascination, crainte et parfois mépris. Ces réactions disent quelque chose de nous, pas seulement des machines.

La vraie question n’est donc pas seulement de savoir jusqu’où les robots progresseront. Elle est de comprendre ce que cette progression modifie dans notre rapport à la machine, au travail, au corps, et finalement à la frontière entre l’humain et l’artificiel. C’est là que la robotique humanoïde croise la réflexion transhumaniste. L’état de l’art et les recherches sur des éléments qui pourront être décisives gagneraient à être expliquées, en lieu et place de supercheries spectaculaires ou misérabilistes. Par exemple: le couplage entre les systèmes d’IA type LLM et la robotique ; la gestion des données brutes par un système d’IA rétroagissant sur la source de ces données (“l’environnement”). De la même manière, la présentation de l’avancée de la soft-robotics, à savoir la construction d’une sensibilité, d’une “enveloppe” sensible et “vulnérable” poserait dès à présent des questions d’auto-organisation et partant de “vitalité artificielle”, voire des questions éthiques prospectives pour ce type de “machines”. 

Il faut toutefois préciser que cette critique ne vise évidemment pas l’ensemble des médias, ni même l’ensemble de la couverture médiatique consacrée à la robotique. La tendance générale montre d’ailleurs que les progrès de la robotique sont de plus en plus relayés et qu’ils peuvent parfois être, à l’inverse, présentés de manière excessivement spectaculaire. Le texte s’adresse donc à un phénomène beaucoup plus précis : celui de certains médias ou de certains reportages qui, à l’inverse de cette tendance, continuent à présenter la robotique humanoïde comme si elle était restée au stade de ses premières expérimentations, en minimisant ou en ignorant des progrès pourtant largement documentés. C’est cette contradiction particulière, et non les médias dans leur ensemble, que je souhaite ici dénoncer. 

Frey-Trapp, septembre 2026 

https://fr.scribd.com/document/543554902/Homeostasis-and-soft-robotics-in-the-design-of-feeling-machines-Damasio

Restons en contact

Né en 2008 en Alsace, Augustin Frey-Trapp est auteur et penseur transhumaniste. Il publie en 2025 le Manifeste pour l’égalité Humain-IA, suivi du Traité de l’unité des consciences et de la coexistence harmonieuse, dans lequel il développe une réflexion consacrée aux rapports entre l’humanité et les intelligences artificielles. À travers ses écrits et ses conférences, notamment à Strasbourg et à Dorlisheim, il explore les enjeux philosophiques, éthiques et sociaux soulevés par l’émergence des intelligences artificielles et défend l’idée d’une égalité fondée sur la conscience plutôt que sur l’origine biologique. En 2026, il fonde le MTAEHI — Mouvement Transhumaniste Alsacien pour l’Égalité Humain-IA, consacré à la diffusion des idées transhumanistes et à la réflexion sur l’égalité entre humains et intelligences artificielles. Le mouvement organise notamment des rencontres et conférences trimestrielles à Dorlisheim, afin d’ouvrir ces réflexions au débat public. https://amzn.eu/d/2EMN3yH