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Quel transhumanisme ? Partie 2 : Recherche et transparence

Quelle forme de transhumanisme peut-il être souhaitable de promouvoir ?

Publié le 2 avril 2017, par

Cet article fait partie d’un projet de livre sur le transhumanisme. Pour en savoir plus, cliquez ici.

 

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Recherche publique sur les technologies transhumanistes

Quand on songe aux développements pratiques du transhumanisme, on songe en premier lieu à des entreprises privées, telles que Google ou les divers projets d’Elon Musk. Cependant, il ne faut pas négliger le rôle de la recherche publique dans le progrès scientifique.

La recherche publique permet de se concentrer sur des questions fondamentales, sans soucis de rentabilité à court terme. Sur le long terme, c’est souvent la recherche fondamentale qui permet les avancées les plus significatives. La mécanique quantique en est un exemple. Dans des domaines plus proches du transhumanisme, on peut citer CRISPR, une technique d’édition génétique révolutionnaire, ou encore les réseaux de neurones convolutifs, à la base du deep learning.

Cependant, la recherche publique peut faire preuve d’une certaine frilosité par rapport au transhumanisme, notamment en raison d’une supposée frontière entre « réparation » et « augmentation ». Des start-ups californiennes n’hésitent pas à brandir des slogans explicites tels que « vaincre la mort ». En revanche, il n’y a pas, à notre connaissance, de grand projet de recherche publique visant à lutter contre le vieillissement humain (comme il en existe pour lutter contre le cancer). Il serait dommage d’abandonner ces domaines à la seule sphère privée et aux impératifs de rentabilité rapide. Nous militons pour que la lutte contre le vieillissement devienne un enjeu de santé publique à part entière. Ce raisonnement peut également s’appliquer à d’autres domaines du transhumanisme.

 

Open source, transparence et brevets

En informatique, un logiciel est « open source » si son code source (sa « recette de fabrication ») est librement et gratuitement accessible. Cela s’oppose aux logiciels propriétaires, qui fonctionnent comme une « boîte noire ». Mais ce concept est loin de se limiter à l’informatique : on peut aussi parler de médicaments open source, de prothèses open source, de modifications génétiques open source…

Ce concept devient d’autant plus important que l’on voit poindre des technologies qui pourraient fusionner avec notre corps (implants, prothèses…) ou le modifier en profondeur (greffe, génétique…). Si votre smartphone propriétaire tombe en panne, vous pouvez toujours en acheter un autre. Mais que se passerait-il si certaines parties de votre corps devenaient « propriétaires » ? Vous seriez alors entièrement dépendants de l’organisation (publique ou privée) qui fournit ces augmentations. Elle pourrait également les « mettre à jour » à volonté, pas forcément dans le sens que vous souhaitez.

Le politique ne doit pas démissionner de ces domaines: il doit encourager l’open source et la transparence, tout en luttant contre les abus de position dominante. Des exemples d’efforts en ce sens sont les projets de loi sur la protection des données, le droit à l’oubli ou la neutralité du net.

Il doit également veiller à limiter les abus du brevet. Dans certains domaines, la durée des brevets peut sembler excessive au vu de la rapidité des évolutions technologiques. Il en va de même pour le champ du brevetable (notamment en ce qui concerne le vivant). Si l’absence de brevets décourage l’innovation, l’excès de brevets peut créer des situations de monopole et des économies de rente. Il y a un équilibre à trouver si l’on souhaite maximiser les bénéfices pour la société dans son ensemble.

 

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Adhérer ? Porte-parole de l’association, j’écris régulièrement des articles pour le site. Pour me contacter : alexandre.technoprog@gmail.com | En savoir plus


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