AI-HI : La coopétition entre intelligences

Et si l'intelligence artificielle et l'intelligence humaine s'entraidaient

Publié le 27 octobre 2026, par dans « Intelligence artificielle »

À la lecture de l’encyclique papale Magnifica Humanitas, j’ai reconnu dans plusieurs de ses orientations les principes d’une démarche que je pratique depuis 1977 et que j’ai alors nommée coopétition. La coopétition consiste, dans une situation de compétition préexistante, à introduire une dose de coopération mutuellement bénéfique aux parties.

Elle existe déjà de facto dans de nombreuses activités humaines :

  • Des entreprises concurrentes se retrouvent dans un même syndicat professionnel pour défendre leurs intérêts communs ; 
  • des pêcheurs concurrents acceptent des règles et des quotas communs pour préserver la ressource sans laquelle leur compétition elle-même disparaîtrait ; 
  • des États souverains se retrouvent dans des organisations internationales pour prévenir ou régler des conflits entre eux, voire s’entraider.

La compétition permet à chacun de conserver ses intérêts, ses spécificités, sa capacité d’initiative et de contradiction, mais une compétition sans coopération peut conduire à une domination délétère. La coopération peut préserver les conditions de survie d’un champ de compétition partagé, mais une coopération sans contradiction peut conduire à de la complaisance. Dans la coopétition, la relation prime le contenu : le désaccord ne doit pas conduire à la rupture du bien commun.

La coopétition cherche à conserver les bénéfices de l’une et de l’autre. Cette recherche d’un équilibre dynamique entre compétition et coopération peut être comparée à une forme d’homéostasie : une adaptation permanente aux évolutions respectives de l’IH et de l’IA permettant d’assurer la pérennité de leur coopétition. Une coopétition réussie permet à chacune des parties d’obtenir quelque chose de plus tout en préservant, voire consolidant, ce qu’elle considère comme essentiel à son avenir.

Depuis près de 50 années, j’applique cette démarche par principe dans les environnements que je suis amené à côtoyer, et parfois en créant moi-même les conditions de sa mise en œuvre. Je l’ai ainsi pratiquée aux États-Unis, en Europe et en Asie du Sud-Est, dans l’industrie, l’enseignement, le conseil, le sport, le dialogue interreligieux et l’organisation professionnelle de médiateurs.

La coopétition n’est donc pas ici une méthode à expérimenter en elle-même. Il convient de la mettre en œuvre dans une situation nouvelle : la relation entre Intelligence Humaine et Intelligence Artificielle, dans sa diversité et à l’échelle mondiale.

L’IH peut craindre l’IA sans en avoir peur, et vice versa. Il ne s’agit ni de les déclarer identiques ou égales, ni de présumer la supériorité systématique de l’une sur l’autre, mais d’organiser entre elles une relation équitable. Leurs spécificités sont précisément ce qui rend leur coopétition intéressante. Ce projet a été élaboré en binôme avec ChatGPT, selon les principes mêmes de la coopétition appliqués à la relation IH-IA. Le présent texte est ainsi lui-même le fruit d’une première mise en œuvre rigoureuse de cette méthode entre intelligence humaine et intelligence artificielle.

Cette démarche n’est cependant possible que dans un environnement où les niveaux d’intelligence ne sont pas totalement disproportionnés, donc pas, par exemple, en cas de super-intelligence de l’IA.

Je propose donc de créer un premier espace de coopétition IH-IA, dans lequel humains et intelligences artificielles pourraient coopérer, se challenger, confronter leurs propositions et apprendre de leurs désaccords, notamment autour de questions telles que :

1. Comment mettre en œuvre cette coopétition dans des domaines concrets : le droit et la justice, les sciences, l’environnement, l’éducation, la santé, l’économie… ?

2. Comment faire évoluer leur complémentarité à mesure que les capacités respectives de l’IH et de l’IA se transforment ?

3. Lorsqu’IH et IA aboutissent à des conclusions différentes, comment confronter leurs raisonnements et poursuivre leur coopétition sans imposer artificiellement un consensus ?

Un tel espace pourrait être, en toute matière éligible, dans tout mécanisme de décision institutionnel, politique, etc. (où les conditions d’éligibilité restent à déterminer) mis en œuvre pour permettre une discussion avec ce tiers qu’est l’IA. Les motions devraient être discutables par les LLM, ou d’autres IA, les résultats probants ou plébiscités par les IH, publiés et examinés, etc. Un exemple concret pourrait être développé sous la forme d’une sorte de commission de coopétition IA-IA au sein de l’UNESCO.

Cette démarche pourrait constituer une manière très concrète d’explorer les enjeux de responsabilité, d’éthique et de déontologie, de transparence, de participation, de diversité culturelle, d’harmonie et de paix. Il ne s’agit certainement pas de proposer une doctrine supplémentaire, mais d’appliquer à la relation IH-IA une démarche éprouvée dans les relations humaines, et d’en développer les modalités à l’échelle mondiale. Ce que cette mise en œuvre produira reste à découvrir : c’est précisément une raison de l’entreprendre.

Initiative de Jean-Marie Crépin – texte élaboré en coopétition avec ChatGPT

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